Lien entre jeu pathologique et consommation de substance

Les mécanismes addictifs des jeux de hasard et d’argent et de certaines substances psychoactives partagent des caractéristiques, bien documentées par la recherche scientifique 1 2

Les troubles liés à l’utilisation de substances sont les troubles comorbides les plus fréquemment retrouvés chez les personnes en situation d’addiction aux jeux d’hasard et d’argent.

  • Bien que les prévalences varient d’une étude à l’autre, en moyenne, une personne sur deux qui joue de manière problématique présente également un trouble d’utilisation d’au moins une substance psychoactive.

Et près des trois quarts des personnes qui consultent pour un jeu excessif ont une autre consommation addictive :   

  • De tabac : 60%   
  • D’alcool : 40%   
  • De produits stupéfiants : 4%   

Troubles liés aux substances et troubles addictifs

Depuis 2015, et dans la dernière version du DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), cette addiction comportementale est classée  dans la catégorie des “Troubles liés aux substances et troubles addictifs”.  

Ce changement de classification constitue déjà une avancée importante. Elle a été motivée par de nombreux indices suggérant un ensemble de causes communes avec l’addictions aux substances.

De nombreuses similarités sont observées entre le trouble de l’utilisation de substances et le jeu pathologique, surtout en ce qui concerne les critères diagnostiques, dont cinq sont partagés.

  • L’existence de symptômes de tolérance, de manque de manque et de besoin irrépressible (craving),  
  • D’un sentiment de perte de contrôle et des retombées négatives sur la vie personnelle. 

Les critères du Trouble lié au jeu d’argent dans le DSM-V

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A. Pratique inadaptée, persistante et répétée du jeu conduisant à une altération du fonctionnement ou une souffrance, cliniquement significative comme en témoigne le sujet présentant au moins quatre des manifestations suivantes au cours d’une période de 12 mois
  1. Besoin de jouer avec des sommes d’argent croissantes pour atteindre l’état d’excitation désiré
  2. Agitation ou irritabilité lors des tentatives de réduction ou d’arrêt de la pratique du jeu
  3. Efforts répétés mais infructueux pour contrôler, réduire ou arrêter la pratique de jeu
  4. Préoccupation par le jeu (par exemple, préoccupation par la remémoration d’expériences de jeu passées ou par la prévision de tentatives prochaines, ou par les moyens de se procurer de l’argent pour jouer)
  5. Joue souvent lors de sentiments de souffrance/mal-être (par exemple, sentiments d’impuissance, de culpabilité, d’anxiété ou de dépression)
  6. Après avoir perdu de l’argent au jeu, retourne souvent jouer un autre jour pour recouvrir ses pertes (pour « se refaire »)
  7. Ment pour dissimuler l’ampleur réelle de ses habitudes de jeu
  8. Met en danger ou a perdu une relation affective importante, un emploi ou des possibilités d’étude ou de carrière à cause du jeu
  9. Compte sur les autres pour obtenir de l’argent et se sortir de situations financières désespérées dues au jeu
B. La pratique de jeu n’est pas mieux expliquée par un épisode maniaque
  1. Leeman, R. F., & Potenza, M. N. (2011). Similarities and differences between pathological gambling and substance use disorders: a focus on impulsivity and compulsivity. Psychopharmacology, 219(2), 469–490.[]
  2. Mallorquí-Bagué, N., Mestre-Bach, G., & Testa, G. (2023). Craving in gambling disorder: A systematic review. Journal of Behavioral Addictions, 12(1), 53-79.[]

Sources :

20 réponses sur les troubles liés aux jeux d’argent.(2014). Centre du jeu excessif – CHUV

Le jeu en Suisse. (n.d.) Programme intercantonal de lutte contre la dépendance au jeu.