L’importance des proches

Les proches peuvent jouer un rôle central dans le processus de rétablissement des personnes jouant de manière problématique. Cette page offre des conseils pour repérer les situations problématiques et comment y faire face en tant que membre de l’entourage, ainsi que des ressources d’aide.

Elle permet de mieux comprendre ce qu’est le jeu excessif afin de reconnaître une situation problématique et de savoir comment agir ou réagir face à certaines situations en tant que proche d’un·e joueur ou joueuse. 

Vous trouverez également des ressources de soutien pour vous-même ou à proposer à votre proche. 

Qui sont les proches ?

Il est tout d’abord important de préciser à qui se réfère le terme de “proches”. Généralement, plusieurs niveaux peuvent être distingués bien que ceux-ci puissent être interchangeables et évoluer durant le parcours de vie de chaque individu. Les “catégories” de proches ici utilisées sont celles les plus souvent observées dans la littérature.  

  • La famille est souvent vue comme le premier niveau d’aide possible. Certaines études considèrent même uniquement les membres de la famille comme faisant partie des proches. Les enfants, les partenaires, les parents ainsi que les frères et sœurs sont inclus sous ce terme, les grands-parents peuvent également y être compris.  
  • Les ami·e·s proches constituent une ressource très importante.
  • Les collègues de travail peuvent eux aussi être inclu·e·s dans la catégorie de proches en raison de leurs contacts fréquents voire quotidiens avec la personne souffrant de jeu excessif.

Repérer une potentielle situation de jeu excessif

Comment repérer une situation de jeu excessif chez un⸱e proche ? Il s’agit tout d’abord de savoir ce qu’on entend par « jeu excessif » et ce qui le différencie du jeu pathologique ou problématique.

Jeu à risque, jeu excessif et trouble lié aux jeux d’argent : quelle différence ?

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On distingue différents niveaux de pratique de jeux 1:

  • Le jeu récréatif qui se réfère à une pratique où le jeu est perçu comme un divertissement. Les joueurs et joueuses occasionnelles arrivent à prendre en compte leur budget et savent s’arrêter, acceptant la perte de leur mise sans tenter de récupérer l’argent perdu.
  • Le jeu à risque entraîne des conséquences négatives variées. Cela amène les personnes concernées  à augmenter leurs mises et à jouer plus souvent dans l’espoir de récupérer leurs pertes.
  • Le trouble lié au jeu d’argent est un comportement où les individus ont de grandes difficultés à contrôler leur jeu, entraînant des répercussions sérieuses sur leur vie personnelle et professionnelle. Ce comportement peut engendrer des problèmes émotionnels, comme la dépression ou l’anxiété, et même des pensées suicidaires. Souvent, ces personnes empruntent de l’argent pour continuer à jouer ou pour tenter de résoudre leurs problèmes financiers.
  • Enfin, le comportement de jeu excessif englobe à la fois les comportements à risque et les troubles liés au jeu.

Plusieurs indicateurs peuvent signaler un problème de jeu chez un·e proche. En tant que proche voici une liste de question qu’il est possible de se poser. Il peut valoir la peine de prendre des mesures en cas de réponse positive à l’une de ces questions : 

  • Est-ce que la personne consacre beaucoup de temps au jeu, et cette habitude semble-t-elle augmenter ? 
  • Est-ce qu’il ou elle devient de mauvaise humeur lorsqu’il ou elle ne peut pas jouer ? 
  • Avez-vous remarqué un changement dans le comportement de la personne, comme une irritabilité croissante ? 
  • Est-ce que les finances de cette personne ou du foyer sont affectées, par exemple, par des emprunts auprès de la famille ou des amis, ou par l’incapacité à payer certaines factures ? 
  • Quelle importance accorde la personne au jeu ? Est-ce qu’il ou elle néglige ses responsabilités professionnelles ou familiales en raison du jeu ? 

Il existe sur le site Stop Jeu, un test en ligne pour déterminer si une personne a des problèmes de jeu.

Où trouver de l’aide pour moi-même ou mon⸱ma proche ?

Que vous cherchiez de l’aide pour vous-même (envie de parler, de rencontrer d’autres personnes qui rencontrent les mêmes difficultés que vous, etc…) ou pour la personne directement, vous trouverez dans le lien ci-dessous de nombreuses institutions en Suisse romande proposant du soutien dans le domaine du jeu excessif.

Autres suggestions :

  • Appeler la ligne téléphonique nationale SOS-jeu pour être renseigné·e et obtenir de l’aide au 0800 040 080 (gratuit et anonyme, 24 heures sur 24). 
  • Évoquer la procédure d’exclusion de jeu. Il existe en Suisse une procédure d’auto-exclusion de jeu qui peut représenter un premier pas vers le rétablissement. Les documents nécessaires et la marche à suivre sont disponibles ici. 
  • Pour des conseils en matière de désendettement, la hotline nationale est disponible au 0800 807 807 du lundi au jeudi, de 10h00 à 13h00, ou consulter les services disponibles dans les différents cantons. 

Quel type d’aide proposer à mon⸱ma proche ?

Voici quelques conseils destinés à l’entourage, dans la façon d’aborder le sujet avec la personne concernée :

  • Adopter une attitude bienveillante: être avec la personne sera toujours plus aidant qu’être contre elle.
  • Eviter les propos moralisateurs: malgré la frustration, essayer de questionner la personne sur ce qu’elle est prête à faire pour changer ses comportements («qu’est-ce que tu pourrais mettre en place pour changer la situation?») plutôt que de l’accabler («Est-ce que tu te rends compte de la situation dans laquelle tu es?»)
  • Parler en «je»: exprimer son propre ressenti («je me fais du souci pour toi») plutôt que de porter un jugement sur la personne («tu as un problème»).
  • Privilégier les informations factuelles en lui proposant les ressources d’aides disponibles.

Un rapport de l’Université de Genève 2  évoque deux questions permettant de différencier le type de situation et le type d’aide à proposer : 

  1. Le ou la joueuse proche reconnait-elle le problème de l’addiction et accepte-t-elle d’entamer des démarches pour la contrôler ou l’éliminer ?
  2. La personne proche a-t-elle connaissances de ressources variées pour être aidée dans la situation ?   

Quatre situations différentes en résultent : 

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En cas de rechute

Les rechutes sont fréquentes lors de tentatives d’arrêt de la conduite addictive. Il est crucial de ne pas considérer ces rechutes comme des échecs ni de les banaliser ; elles font partie intégrante du processus de changement. 

Il est donc essentiel d’identifier chaque rechute et d’en discuter avec les professionnel·les qui suivent la personne en situation d’addiction, afin d’analyser le contexte dans lequel la rechute est survenue et d’ajuster le suivi en conséquence. 

Mesures de protections légales

Lors que le jeu devient envahissant voire problématique, tant au niveau personnel que de ses finances, il existe des moyens externes et légaux pour limiter voire arrêter sa pratique de jeu. Plusieurs mesures de protection existent pour obtenir de l’aide lorsque l’on perd le contrôle face au jeu, vous trouverez sur cette page leur description ainsi que des ressources afin de les mettre en place :

  1. CJE (2024), 25 réponses sur les troubles liés aux jeux de hasard et d’argent.[]
  2. Philibert, A. (2022). L’addiction aux jeux d’argent : la question des proches. Université de Genève.[]

Sources :

Aider un proche. (n.d.) Programme intercantonal de lutte contre la dépendance au jeu.